Dictionnaire médical

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Rosette mouton
Immunologie, médecine biologique N. f. * rosette : du latin rosa, qui désigne en même temps la fleur, la couleur rouge pâle et la forme (rosace, rosette). Quelques rappels sur la réaction immunitaire. La réaction (ou réponse) immunitaire est la capacité de notre organisme à répondre de façon spécifique donc ciblée, à toute agression chimique ou biologique. Le déroulement normal d'une réaction immunitaire comprend deux temps essentiels : une réaction immunitaire non spécifique qui se déclencha quelque soit l'agression et une réaction immunitaire spécifique, donc différente en fonction de l'agression, elle-même divisée en réaction immunitaire à médiation cellulaire et réaction immunitaire à médiation humorale. I - La réaction immunitaire non spécifique : Toute blessure non soignée, aussi minime soit-elle, est susceptible de provoquer rapidement une réaction inflammatoire, réponse de l'organisme à toute agression microbienne. On qualifie d'inflammation un ensemble de phénomènes réactionnels qui se produisent en un point donné, à la suite d'une irritation ou du développement d'un agent pathogène. Les quatre symptômes "classiques" de l'inflammation locale sont : chaleur, rougeur, douleur, gonflement ou tuméfaction. L'une des premières réactions est la dilatation des capillaires sanguins et l'accélération de la circulation capillaire. Il en résulte la rougeur et l'augmentation locale de la température. La transsudation, sortie normale de plasma à travers les parois très fines, s'accélère et entraîne la formation d'un œdème. L'augmentation de la pression due à cet œdème est l'un des facteurs qui stimule les terminaisons nerveuses. Dans le cas d'une infection microbienne, les toxines libérées sont aussi un facteur d'excitation. Dans la majorité des cas, le stimulus initial provoque le destruction ou l'altération de cellules particulières : les mastocytes et/ou les granulocytes basophiles (ce sont des globules blancs qui se colorent avec des colorants basiques) qui ont alors la particularité de libérer de l'histamine. Une véritable réaction en chaîne se produit alors : arrivée massive de granulocytes neutrophiles, puis de monocytes qui se transforment en macrophages. Le rôle de ces dernières cellules est de "nettoyer" par phagocytose les restes de cellules lésées et les micro-organismes pathogènes. Elles libèrent aussi des substances pyrogènes capables de faire monter la température corporelle (fièvre). C'est la raison pour laquelle le pus qui peut se former contient beaucoup de leucocytes (polynucléaires et macrophages), bourrés de bactéries phagocytées. II - D'une réaction à l'autre : une importante coopération cellulaire. Une inflammation locale peut être suivie du gonflement des ganglions lymphoïdes voisins et dans ces mêmes ganglions, on observe de très nombreux LT (lymphocytes T) qui sont en contact avec des macrophages particuliers : les cellules présentatrices de l'antigène. Des expériences ont montré que : * les lymphocytes seuls ne produisent pas de réaction immunitaire, * qu'il en est de même pour les macrophages seuls. On peut donc en déduite que le déclenchement d'une réponse immunitaire nécessite une indispensable communication cellulaire entre les lymphocytes et les macrophages. III - Les principales étapes de la réaction immunitaire spécifique. On distingue habituellement 3 grandes phases : * l'induction qui est la reconnaissance du non-soi ou du soi modifié, avec sélection de clones de cellules immunocompétentes, cette phase se produisant dans les organes lymphoïdes, * l'amplification qui concerne les cellules sélectionnées et qui va conduire à leur multiplication, * la phase effectrice qui ve mener à la destruction du non-soi et qui présente une voie cellulaire et une voie humorale. A - La phase d'induction, dans les organes lymphoïdes : (dans cette partie du texte, les n° qui figurent entre parenthèses se réfèrent au Schéma de la réaction immunitaire ) 1 - Reconnaissance de l'antigène (AG) par les LT et activation. Il faut se rappeler que les LT ne reconnaissent l'AG que s'il est associé à une molécule du CMH (complexe majeur d'histocompatibilité) ; c'est le principe de la double reconnaissance. (1) et (2) Les macrophages ou LB (lymphocytes B) ou cellules infectées par des virus ... digèrent les AG puis présentent à leur surface des épitopes associés aux molécules du CMH. Un contact direct s'effectue alors entre l'ensemble HLA + déterminant antigénique et les LT (ainsi que les LB). Selon l'AG présenté par le CMH (HLA chez l'homme), ce sont les LT4 (CMH2) ou les LT8 (CMH1) qui vont réaliser ce contact. Chaque lymphocyte ne présentant qu'une sorte de récepteurs, le déterminant antigénique réalise une sélection clonale des LT. Remarque : un antigène pouvant présenter plusieurs déterminants antigéniques différents, la sélection des lymphocytes est souvent polyclonale et la réponse immunitaire s'en trouve renforcée. Les LT4 et les LT8 ainsi sélectionnés sont activés. Cela se traduit, au niveau des LT4, par une sécrétion de messagers chimiques activateurs : les interleukines (IL). (3) Les LT4 et les LT8 élaborent ensuite des récepteurs membranaires spécifiques à l'IL, (4) produite uniquement par les LT4 et qui fixent ces molécules. Il se produit alors une auto-activation des LT4 et des LT8. 2 - Reconnaissance de l'AG par les LB et activation. (5) Un épitope de l'AG sélectionne les LB spécifiques (ce qui représente une sélection clonale). Le LB sélectionné phagocyte l'AG fixé sur l'AC (6) le dégrade et présente un épitope + molécules d'HLA aux LT4 spécifiques de ce complexe. (7) Les LT4 deviennent alors des "Helpers" ou facilitateurs, sécrétant l'IL. Cette IL auto-active les LT4, mais aussi les LB qui ont élaboré des récepteurs à IL. B - La phase d'amplification et de différenciation. 1 - Les LT : (8) Auto-activés par le fixation de l'IL sur les récepteurs, les LT4 et les LT8 subissent de nombreuses mitoses : c'est l'expansion clonale. Les LT4 "helpers" deviennent plus nombreux . On les appelle aussi LT auxiliaires ou LTa. Les LT8 prolifèrent également et se différencient en un clone de cellules tueuses (killers) ou cytolytiques : les LTc qui sont les acteurs de la réaction immunitaire à médiation cellulaire. 2 - Les LB : Auto-activés par l'IL, les LB se multiplient eux aussi (11) puis se différencient en plasmocytes, cellules (12) productrices d'AC circulants (Ig) et spécifiques de l'AG. Ces AC circulants sont les acteurs de la réaction immunitaire à médiation humorale. 3 - Les lymphocytes mémoire : Lorsque les clones de cellules immunocompétentes (LT4 et LB) sont sélectionnés du fait de la présence de l'AG, une partie ne se différencie pas : ce sont les cellules mémoire (13) qui ont une durée de vie longue et qui interviendront dans les vaccinations, les tests de dépistage, entre autres. L'expansion clonale et la différenciation des cellules immunocompétentes en plasmocytes et en LTc provient donc des Il produites spécifiquement par les LT4. C - La phase effectrice. 1 - Les LT et la réponse à médiation cellulaire : Les LTc, c'est-à-dire les LT8 différenciés, sont capables de lyser les cellules qui sont à l'origine de leur sélection : virus, bactéries, cellules cancéreuses ou greffées ... Au moment du contact avec la cellule cible, les LTc sécrètent une protéine particulière : la perforine, qui est libérée par exocytose et perfore la membrane de la cellule cible, ce qui provoque sa destruction. 2 - Les LB et la réponse à médiation humorale : Le clone de plasmocytes sécrète, dans le milieu intérieur, un grand nombre d'AC (jusqu'à 2000/seconde) qui se fixent sur les AG et les neutralisent en formant un complexe AG - AC ou complexe immun. La destruction de l'AG se fera ensuite en deux étapes. * Le complexe immun provoque l'activation du complément ensemble (une vingtaine) de protéines enzymatiques produites par le foie et présentes dans le sérum. * Lors d'un contact entre les AC et les AG d'une cellule étrangère (bactérie par ex.), des molécules du complément s'intègrent à la membrane. L'ensemble AG-AC + complément constitue un complexe d'attaque membranaire qui forme des pores et provoque la lyse de la cellule. Les molécules du complément induisent aussi la réaction inflammatoire et sont à l'origine du recrutement des cellules phagocytaires par chimiotactisme. Les lymphocytes B ou LB ne représentent que 15 à 20% des lymphocytes circulants, mais il est impossible au microscope optique de les distinguer des lymphocytes T ou LT. La technique dite des rosettes ou phénomène des rosettes ou technique des rosettes immunes ou des rosettes complément est utilisée pour distinguer et étudier les cellules responsables de la production des anticorps (AC), en utilisant les marqueurs ou récepteurs spécifiques présents sur leur membrane. La technique des rosettes consiste à mettre en présence des lymphocytes en suspension avec des particules (hématies ou latex par ex.), sur lesquelles des molécules particulières auront été préalablement fixées. Les lymphocytes de la suspension qui possèdent à la surface de leur membrane les récepteurs spécifiques aux molécules fixées sur les particules, vont être entourées par les particules, ce qui va former une figure en rosette. On considère comme rosette tout lymphocyte qui a fixé au moins 3 particules sur sa membrane. Rosette E ou rosette mouton ou rosette spontanée : (E pour érythrocyte) On a constaté qu'un certain nombre de nos lymphocytes sont capables de fixer spontanément à leur surface des hématies de mouton en formant des rosettes appelées rosettes E ou rosettes mouton. Il ne s'agit pas dans ce cas d'une réaction immunitaire, mais d'une différence de charges électriques entre les membranes des hématies et des lymphocytes et cette particularité caractérise les lymphocytes T, soit environ 50 à 70% des lymphocytes. Quand la formation des rosettes est particulièrement rapide, on les appelle des rosettes E actives. Rosette EA : (Erythrocyte Anticorps) Les LB sont les seuls à posséder sur la surface de leur membrane, des récepteurs pour le fragment Fc des Ig (immunoglobulines). Ils provoqueront la formation de rosettes EA si on les met en présence d'hématies qui ont fixé des Ig. Rosette EAC : (Erythrocyte Anticorps Complément) C'est exactement le même principe que pour les rosettes EA, mais il s'agit ici des lymphocytes qui possèdent des récepteurs pour les fragments C3b et C3d du complément. Rosette rhumatoïde : dans l'étude de la polyarthrite rhumatoïde, on met en présence de lymphocytes du malade, des hématies sensibilisées avec des immunoglobulines de lapin. Le test est considéré comme positif lorsque des rosettes se forment pendant les poussées douloureuses.

© Georges Dolisi


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