Dictionnaire médical

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Leucodystrophie métachromique
Génétique, neurologie, recherche médicale N. f. * leuco : du grec leukos {leuc(o)-, leuk(o)-}, blanc ; * dys : du préfixe grec dus , marquant une idée de difficulté ; * trophie : du grec trophê {troph(o)-, -trophie}, nourriture, développement ; * méta : du grec meta exprimant la succession, le changement, signifiant également plus loin, à côté de, entre, avec ; * chromique : du grec khrôma, khrômatos {chroma-, chromat(o)-, -chromie, chrom(o)-}, couleur, mais aussi relatif au chrome. Il y a en fait plusieurs formes de leucodystrophie : ce sont des maladies d'origine génétique qui affectent principalement la myéline du système nerveux central. Cette myéline est indispensable au bon fonctionnement des nerfs qui en sont pourvus et, dans cette pathologie, elle est rare et fragile ou, dans certains cas, présente en trop grande quantité (hypermyélinisation). Les conséquences des leucodystrophies sont des troubles de la motricité pouvant aller jusqu'à la paralysie totale, mais aussi une cécité qui s'installe, une surdité, une impossibilité de parler et dans les états les plus graves, un état végétatif voire la mort. De nombreuses recherches, dans plusieurs directions, sont actuellement en cours : isolement des gènes responsables (certains le sont déjà) pour identifier la protéine manquante ou anormale, thérapie génique pour remplacer les gènes déficients, reconstitution d'une myéline normale (Projet myéline) etc. Les principales leucodystrophies : * La leucodystrophie métachromique (ou métachromatique ou MLD), connue aussi sous le nom de maladie de surcharge lysosomale, est due au déficit d'une enzyme, l'arylsulfatase A, qui n'assure plus les transformations chimiques des lipides (plusieurs leucodystrophies sont en fait des lipidoses). Elle se transmet sur le mode récessif autosomique. Il en résulte une accumulation de sulfatides. Cette enzyme est normalement codée par le gène ASA (sur le chromosome 22q) et catalyse un lipide complexe : le cérébroside 3-sulfate. Si le gène ASA est muté, l'enzyme est absente ou présente en quantité insuffisante, le cérébroside 3-sulfate s'accumule progressivement dans tous les tissus mais ne se révèle pathogène que dans le tissus nerveux, notamment au niveau des oligodendrocytes producteurs de la myéline. On connaît une forme infantile (fréquente) qui débute avec la marche et peut aboutir à la mort de l'enfant vers 4 à 5 ans en moyenne, et une forme juvénile plus tardive, qui débute vers 5 ans et qui est toujours fatale. * La leucodystrophie soudanophile ou maladie de PELIZAEUS - MERZBACHER. qui se transmet selon un mode récessif lié à l'X, c'est-à-dire que le gène muté se trouve sur la partie spécifique du chromosome X (q18) - q = bras long du chromosome. Ce gène PLP code une protéine appelée protéolipoprotéine. L'enfant qui est atteint de la maladie de Pelizaeus - Merzbacher présente très tôt des troubles du développement moteur : hypotonie, nystagmus, mouvements désordonnés de l'axe et des membres qui rappellent certaines formes de chorées. L'enfant malade peut réaliser des progrès jusqu'à l'adolescence. Par la suite, la gravité de la maladie va dépendre du niveau moteur acquis entre 5 et 10 ans. Dans les formes graves, aucune acquisition n'est observée pendant les premières années et les patients décèdent en général dans l'adolescence de complications de décubitus. Dans la forme la plus modérée, les patients sont capables d'acquérir une marche avec soutien ainsi qu'un langage compréhensible. Leur survie est prolongée même si une dégradation très lente est observée après l'adolescence. On sait aujourd'hui qu'il existe des formes récessives autosomiques voir dominantes de la maladie de Pelizaeus Merzbacher (leucodystrophie soudanophile avec persistance d'îlots de myéline périvasculaires, sans destruction axonale, ni inflammation). * La leucodystrophie à cellules globoïdes ou maladie de KRABBE, se transmet selon le mode autosomique récessif. Comme pour la forme métachromique, une enzyme nécessaire à la constitution de la myéline du système nerveux central et de certains nerfs fait défaut. Il s'agit d'une galactosylcéramidase (ou galactocérébrosidase), enzyme lysosomale (donc qui se trouve dans les lysosomes, grains intracytoplasmiques), intervenant dans le catabolisme d'un constituant lipidique majeur de la myéline. Il en résulte une démyélinisation du système nerveux central (axe cérébrospinal) et périphérique (nerfs), qui débute dès la première année chez l'enfant et se traduit par une atteinte progressive et irrémédiable du système nerveux avec, hypertonie et hyperesthésie, convulsions, puis cécité et surdité. Le gène responsable de cette pathologie a été identifié et localisé sur le chromosome 14q31 (q = bras long du chromosome) et la maladie doit son nom au fait que c'est le galactocéramide non catabolisé par l'enzyme déficiente, qui induit l'apparition de ces cellules globoïdes caractéristiques, à partir de macrophages. Ce gène code une protéine appelée PLP (protéolipoprotéine). * La leucodystrophie mégalencéphalique se caractérise par la présence dès la très jeune enfance d'une mégalencéphalie, ou macrocéphalie, associée à une perte importante des fonctions motrices et un retard mental qui évolue en s'aggravant. Des chercheurs ont remarqué que cette maladie rare est cependant plus fréquente dans des populations où la consanguinité est courante. Le gène responsable a été identifié et localisé sur le chromosome 22qter et la transmission se fait donc selon le mode autosomique récessif. D'autres maladies sont classées dans les leucodystrophies : adrénoleucodystrophie et adrénomyéloneuropathie, maladie de Canavan, maladie d'Alexander etc.
© Georges Dolisi


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