Dictionnaire médical


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Treponème pâle
Bactériologie, infectiologie N. m. * trépo : du grec trepô {trép(o)-, -trepsie}, tourner, faire tourner; * nema, nème : du grec nêma, nêmatos {nem(o)-, némat(o)-, -nème}, fil, filament. [Angl. : Treponema pallidum] Autrefois appelée "le mal de Naples" par les français, "il male francese" par les italiens, "the french disease" par les anglais, la syphilis a été redoutée pendant des siècles pour sa contagiosité, sa gravité et les tares qu'elle provoquait chez les enfants de syphilitiques. Connue aussi sous le nom de vérole (du bas latin médical variola, de varius [vérole, variole], varié, maladie éruptive), elle a été essentiellement transportée et diffusée par les armées en campagne. Cette maladie vénérienne ou MST (maladie sexuellement transmissible) se transmet par contact entre les muqueuse génitales et était MDO (maladie à déclaration obligatoire - aux services de santé) jusqu'en juillet 2000 avec son responsable parfaitement identifié : Treponema pallidum ou Tréponème pâle. Des réseaux de surveillance ont depuis été mis en place du fait de la forte recrudescence (comme pour toutes les autres MST) de la syphilis, signalée régulièrement par les bulletins épidémiologiques du Ministère de la Santé. La liste des MDO peut être consultés ici. On distingue essentiellement 3 phases dans le développement de la syphilis. * Syphilis primaire. Elle débute au moment de l'inoculation, c'est-à-dire du rapport sexuel infectant. deux à trois semaines après la contamination apparaît un chancre sous la forme d'une érosion ronde et aplatie, rose, à base ferme et indurée (devenue plus dure). Ce chancre se situe chez l'homme sur la verge, le plus souvent sur le gland ou sous le prépuce. Cette situation et le fait qu'il soit indolore fait qu'il passe souvent inaperçu ou, si on le voit, on ne pense pas forcément à la syphilis. Chez la femme, il est le plus souvent localisé à l'intérieur du vagin, quelquefois à l'intérieur des petites lèvres et n'est découvert qu'à l'occasion d'un examen gynécologique. Chez l'homme comme chez la femme, un ou plusieurs ganglions se développent dans l'aine mais eux aussi sont indolores. A ce stade, tout concoure donc pour une contamination d'autres personnes, d'autant plus que le chancre est un véritable réservoir de tréponèmes, facilement reconnaissables avec un microscope optique. Le malade est déjà hautement contagieux. Il est donc particulièrement important de consulter son médecin au moindre doute et en finir une fois pour toutes avec le préjugé "syphilis = maladie honteuse". Si la maladie est diagnostiquée à ce stade, la guérison est totale et relativement rapide avec une antibiothérapie adaptée (pénicilline ou tétracycline) et une abstinence pendant la durée du traitement, ce qui est la moindre des choses. Des contrôles sérologiques seront ensuite pratiqués pendant quelques mois pour suivre l'évolution du traitement. Points importants à ne pas méconnaître : ► une première syphilis, même guérie "dans les temps" ne confère aucune immunité et le patient peut tout aussi facilement se réinfecter ; ► le chancre disparaît spontanément et le malade se croit guéri, alors que la maladie continue son évolution et sera de plus en plus difficile à soigner. * Syphilis secondaire. Elle le deuxième mois et peut durer jusqu'à la troisième ou quatrième ou année. Pendant cette période où le malade reste contagieux, on voit d'abord apparaître une roséole dite syphilitique ou syphilis secondaire précoce (qui n'a donc rien à voir avec la roséole infantile) : ce sont des taches roses, peu colorées, qui apparaissent sur le ventre, les flancs, les plis. cette éruption s'accompagne d'un état correspondant à un syndrome grippal avec poussées de fièvre, courbatures, céphalées, fatigue, ainsi qu'une polyadénopathie caractéristique ; gonflement généralisé des ganglions lymphatiques. Ces taches ne sont pas douloureuses et, même si on ne fait rien, tout disparaît dans la plupart des cas ! Sinon, des plaques muqueuses rosées se recouvrent parfois d'un enduit blanchâtre, se développent sur la langue, au coin des lèvres et sur les organes génitaux. Les ganglions gonflent mais l'état général reste encore satisfaisant. Si le traitement est démarré à ce stade, tout disparaît. Sans traitement, la roséole cède la place à des syphilides brunâtres qui dessinent un fin réseau à la base du cou, qui a été appelé "collier de Vénus" et qui résiste même très longtemps au traitement. Dans cette même période, les cheveux tombent par plaques en arrière et au-dessus des oreilles formant ce que les dermatologues appellent une alopécie en clairière, caractéristique de la syphilis. Si le traitement n'est toujours pas commencé, une deuxième éruption se produit, formée de centaines de papules saillantes, rouge foncé, sur tout le corps et tout particulièrement sur les mains et la plante des pieds. C'est la syphilis secondaire tardive. Certaines de ces papules s'ulcèrent et l'état général se dégrade très vite. * Syphilis tertiaire. Toujours en l'absence de traitement, cette troisième phase se déclenche avec des atteintes cutanées :gommes (nodosités molles) qui finissent par s'ulcérer, tubercules et nodules aux jambes, organes génitaux et à la bouche, avec destruction simultanée des tissus osseux et cartilagineux. En même temps, les troubles neurologiques et cardiaques se précisent : tabès (atteinte de la moelle épinière), paralysie générale, douleurs viscérales paroxystiques, insuffisance aortique entraînant le plus souvent la mort. * Sérodiagnostic de la syphilis : n. m. * séro : du latin serum [sér(o)-, séreux, se], petit-lait ; en physiologie : liquide qui se sépare du sang après coagulation ; * diagnostic : du grec diagnôstikos |-diagnostique], signes qui font connaître la nature des maladies. Le sérodiagnostic de la syphilis est une variante du VDRL ou Veneral Disease Research Laboratory. * VDRL : en français : recherche de laboratoire sur les maladies vénériennes, encore que le VDRL concerne plus spécifiquement la syphilis. Ce sérodiagnostic peut se faire par la réaction du VDRL. C'est une réaction d'agglutination passive réalisée entre un Ac anti-Ag cardiolipidique (Ac appelé réagine) et un Ag cardiolipidique normalement soluble, mais rendu particulaire par fixation sur un support figuré (particule en charbon ou latex généralement). Cette fixation a pour avantage de provoquer des réactions d'agglutination visibles facilement à l'œil nu. Pour le dépistage de la syphilis, le VDRL est souvent associé au test TPHA.
© Georges Dolisi


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